Une piscine à Braine-l’Alleud ? Un bien mauvais film à multiples épisodes…

jan 4, 2018   //   by admin   //   Blog  //  No Comments

Le dossier de la piscine à Braine-l’Alleud est un mauvais film à multiples épisodes dont vous trouverez ci-dessous un résumé plutôt consternant.

Premier épisode : la fermeture

Février 2007, coup de tonnerre : la Province annonce la fermeture de la piscine provinciale « Le Neptune ».
Avec ses 129 000 entrées annuelles, cette décision met en difficulté de nombreux établissements scolaires, des clubs mais aussi tous les Brainois qui  fréquentaient cette infrastructure.

Le MR, pourtant présent dans la majorité tant à Braine-l’Alleud qu’à la Province, ne parvient pas à s’entendre afin de sauver la piscine.

Sur base de l’audit réalisé à l’époque, les spécialistes estiment qu’une rénovation est possible. Le coût des travaux de rénovation est estimé à 4 millions d’euros.

Hélas, en février 2008, un an après sa fermeture annoncée comme temporaire, la nouvelle tombe définitivement, le Neptune est condamné (Le Soir : Pas de rénovation pour le Neptune).

Deuxième épisode : le projet pharaonique

Mars 2008, sans aucune concertation, la majorité communale décide qu’une nouvelle piscine sera construite dans la zone dite du « Paradis ».

Un premier projet est déposé en octobre 2008. Estimé à 17 millions d’euros, le projet est immédiatement considéré comme démesuré voire pharaonique. Le projet sera coulé en quelques jours… (Le Soir : Le centre aquatique coulé par la Province)

Troisième épisode : l’expropriation

Mars 2009, un second projet est déposé. Le montant total est estimé cette fois à 13 millions d’euros (En juin 2009, la Région wallonne s’engage à subventionner le projet à hauteur de 2,5 millions d’euros. En décembre 2010, la Province s’engage également à hauteur de 4 millions d’euros).

Mais cette fois, c’est la question des terrains nécessaires à l’implantation de la piscine qui pose problème.
En effet, la Commune n’est pas propriétaire des parcelles sur lesquelles la piscine doit prendre place.
Malgré cela, le Bourgmestre annonce fièrement : « Préparez vos maillots pour 2012 ! ».

Afin d’acquérir les terrains nécessaires, la Commune décide de mettre en oeuvre une hasardeuse procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique.
Hasardeuse puisque immédiatement un des propriétaires en conteste la légalité. En résumé, celui-ci estime que se faire exproprier 7 hectares de terrains pour une piscine qui en nécessite 4, cela ne peut se justifier.
Face au blocage, le Juge de Paix est saisi. Celui-ci donne raison au propriétaire et condamne Braine-l’Alleud à payer les frais de la procédure (11 000 euros !).

En août 2011, la Commune décide d’aller en appel de cette décision. Le 18 avril 2012, le Tribunal de 1ère Instance déboute Braine-l’Alleud (Vers l’Avenir : La Commune de Braine-l’Alleud ne pourra pas exproprier pour construire une piscine)…

Jeu, set et match. Une fois de plus Braine-l’Alleud a vu trop grand…

Quatrième épisode : la transaction

En juin 2012, le Collège échevinal se rabat sur un plan B et propose d’acheter 9 hectares de terrains le long de la Route du Piraumont.

Au même moment, un accord se dégage finalement avec le premier propriétaire qui accepte de vendre 3,5 hectares à hauteur de 259 000 euros (7,44 euros le m²).

Cinquième épisode : le naufrage du marché public de promotion et la perte de la subvention régionale

En janvier 2010, le Collège échevinal décide de recourir à un marché public de promotion, c’est-à-dire un marché qui prévoit la conception, la construction et le financement de la piscine.
Malgré les avertissements formulés à l’encontre de ce type de marché public considéré comme relativement onéreux, le Collège s’entête à poursuivre dans cette voie.

Patatras, à l’ouverture des offres en juin 2013, les prix remis explosent le plafond estimé à 13 millions d’euros.

Pire, en novembre 2013, après trois prolongations de délai, la Commune finit par perdre la subvention régionale (2,5 millions).

Dans la foulée, le Collège échevinal décide d’abandonner le marché de promotion.

Nouveau retour à la case départ…

Sixième épisode : Le permis unique et « le bout du bout »

Début 2015, le Conseil communal approuve un cahier des charges pour l’étude sur l’architecture et l’ingénierie de la nouvelle piscine (Le Soir : Un nouveau départ pour la piscine brainoise).

Le 12 décembre 2016, les Fonctionnaires de la Région wallonne délivrent le permis unique autorisant la construction de la piscine.

En mars 2017, un nouveau marché public de construction est soumis au Conseil communal et le Bourgmestre annonce que cette fois, « nous sommes au bout du bout » dans le dossier de la piscine.

Pourtant en décembre 2017, le marché public approuvé en mars doit être relancé afin d’y intégrer les frais de maintenance. Manifestement, ce dossier semble avoir plusieurs « bouts », voir ici : Vidéo 

Et maintenant ?

La pose de la première pierre de la piscine est à présent annoncée pour le printemps 2018.
Au même moment, cela fera exactement 11 ans que les Brainois auront été privés de piscine. 
Onze longues années parsemées d’amateurisme, d’échecs et d’effets d’annonce.
Espérons que cette fois-ci soit la bonne car un nouveau retard serait intolérable…

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